Comment faire de l’art provocant en 2018

Si vous êtes, comme moi, un étudiant en art qui veut créer de la controverse, et traiter des propos politiques, mais vous avez l’impression d’être limité par les règles du système scolaire, vous avez tard. Il est très possible de faire de l’art provocant dans un milieu écolier ou même tout autre milieu de votre communauté. Voici les 3 étapes de la genèse d’une œuvre provocante. J’utiliserai mon œuvre « RUNAWAY », inspirée de l’œuvre de Glenn Ligon du même titre exposé en 1993, comme un exemple.

Pour savoir plus sur Mon oeuvre de « Runaway » et le processus de création, lire « RUNAWAY, commentaire sur l’identité ethnique »

1. Observation/réflexion

Pour pouvoir faire un commentaire sur la société efficacement, il est important d’observer comment celle-ci prend forme devant nos yeux. Puisque l’essence de l’art provocante est un portrait réel de la société, il serait ignorant de se baser sur une observation erronée. C’est-à-dire, une observation que l’on s’invente dans notre propre imagination. À la suite de l’observation, il faut s’attarder à la réflexion. Il est important de comprendre pourquoi notre société prend forme d’une telle manière.

Pour mon projet « Runaway », le processus d’observation et de réflexion relevait de la question de l’identité ethnique, et traitait comment celle-ci a été influencée par le colonialisme. Je recherchais à m’identifier à mes ancêtres esclaves des colonies françaises et espagnoles.

 

2.  Recherche

Il est toujours utile de faire ses propres recherches sur le propos de votre projet. Cela vous permet de mieux conceptualiser votre œuvre en vous inspirant d’autres artistes (bien sûr, sans faire du plagiat) qui traitent un sujet similaire que le vôtre dans leur pratique artistique. Ne vous limitez pas aux artistes du domaine des arts plastiques. Élargissez votre bassin de recherche pour explorer des œuvres littéraires, cinématographiques, etc.

Pour mon projet, je me suis inspirée de l’œuvre de Natacha Kanapé Fontaine, une poète et une actrice innue née à Pessamit au Québec, « Bleuet et Abricots ».

Un cri s’élève en moi et me transfigure. Le monde attend que la femme revienne comme elle est née : femme debout, femme puissance, femme résurgence. Un appel s’élève en moi et j’ai décidé de dire oui à ma naissance.

Dans son œuvre, Natacha se réimagine dans le passé, où son peuple vivait dans l’oppression et le génocide.

 

3. Dramatisation /appropriation

Pour rendre une œuvre unique, vous devez vous l’approprier. Peu importe le propos que vous tentez d’évoquer, il est important de mettre sa touche personnelle. Sans votre touche personnelle, votre œuvre devient un peu moins intéressant aux yeux du spectateur. Celui-ci ne trouvera pas que votre œuvre est originale. Pour faire une œuvre provocante, il faut savoir dramatiser. C’est une chose de simplement parler de l’utilisation de la force brutale des policiers en Amérique. C’est une tout autre chose de faire parvenir cette idée à travers une œuvre plastique. Ceci m’amène à mon prochain point.

Vous devez aussi réfléchir au moyen de présentation de votre œuvre, car cela affecte la lecture de votre œuvre et la compréhension de votre message. Personnellement, un message trop évident et littéral semble inintéressant et cliché. Il est fort plus intéressant de faire parvenir votre propos plus subtilement. Cela garde les spectateurs captivés par votre œuvre, cherchant à se submerger dans la profondeur de votre message.

 


Pour savoir plus sur Mon oeuvre de « Runaway » et le processus de création, lisez « RUNAWAY, commentaire sur l’identité ethnique »

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